04 octobre 2004
Yesterday, When I Was Grace Jones
Pull à capuche et lunettes bleu ce n est pas moi que je vois, c’est elle. Ladies and gentlemen please welcome Miss Grraaaace Jones. Pull, pull up to the bumper baby ! Pull up to the bumper. Mon jean est trop serré et je ne sais pas danser. Je me trémousse quand même, je porte des talons très hauts et j’ai une coupe en brosse hyper graphique. Enroulé dans une grande cape j’arrive sur scène, j’écarte les bras et je saisi le micro. Les yeux mi-clos, dans la fumée des cigarettes, ma voix arrête les conversations, mes fans hurlent, la salle est toute petite mais je chante pour séduire le monde. J’ai la classe comme Personne n’a la classe. Je suis une icône, Alaia monte prés de moi, tout tourne, mon corps est sculpté dans le cuir, ultimement mode, le symbole d’une époque. Island life, dans les caraïbe je sors d’un taxi bleu passé, d’énormes lunettes de soleil sur le visage, des bijoux en plastique coloré, de grandes créoles roses, saharienne sur pantalon long. Toujours avec des talons.
Coup de tonnerre, je sors d’un autre taxi, jaune celui là. On m’attend, je pousse un cri dans un club bondé, des diamants sur les doigts et dans le cou. Je jette une coupe de champagne, je la brise sur le sol. Les éclats dorés scintillent et alors que j’allume déjà une longue cigarette fine, le piano égrène la vie en rose. Au cinéma, je suis la plus belle des James Bond girl, la seule avec du caractère, je suis celle qui fait mal, celle qui se sacrifie et qui poignarde. Devant mon miroir je suis toujours plus hystérique, feulement de fauves et poses de grande dame. Je hurle I neeeeeed a maaaaaaaaannnn. Mes ongles griffent le vide, ultime star sans compromis de Las Vegas au Palace, je suis les années 80 à moi toute seule et je me sens immortel.
En finissant mon verre de Gin je regarde encore une fois, par-dessus mes lunettes bleues l’ersatz d’idole que je suis, triste spectacle grimaçant, en veste de sport et lunettes de pacotille. Un haussement d’épaule et je me retourne, super structurée dans une veste violette Mugler, les spots découpent ma silhouette sur le mur. J’entends la foule frémir. Salle au noir. C’est le triomphe.
Je pose mon verre et j’enlève les lunettes, il y a Marco à la télé ; je ferai mieux d’aller me coucher.












